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MONTPELLIER MÉTROPOLE ÉCOLOGIE

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JUSTICE POUR "LES CHIBANIS"

Après des années de luttes justice et rendu au Chibanis...!

Après des années de luttes justice et rendu au Chibanis...!

JUSTICE POUR "LES CHIBANIS"
 
Après douze ans de procédure, les cheminots marocains appelés "chibanis" ont obtenu justice ce 31 janvier en faisant condamner la SNCF pour discrimination.
MARIANNE.NET
 
Après douze ans de procédure, les cheminots marocains appelés "chibanis" ont obtenu justice ce 31 janvier en faisant condamner la SNCF pour discrimination.Les "chibanis" (cheveux blancs en arabe) ont pu tester à leurs frais la "préférence nationale" chère au FN. Ces cheminots marocains auront dû batailler douze ans devant la justice pour obtenir réparation de la SNCF, condamnée en appel ce 31 janvier pour discrimination pour différents préjudices (carrière, retraite, formation, santé…) à des hommes aujourd’hui retraités, et qui ont vu mourir nombre de leurs camarades avant que justice soit faite.Petit retour en arrière. La SNCF a recruté 2.000 Marocains entre 1970 et 1983. Ces derniers ont été embauchés comme contractuels, donc avec un CDI de droit privé débouchant sur un statut défavorable par rapport à celui des cheminots, réservé aux ressortissants européens, sous condition d'âge. En principe, la convention signée entre la France et le Maroc garantissait "l'égalité des droits et de traitement avec les nationaux". Or il n’en a rien été et les survivants, fort logiquement, ont poursuivi la SNCF pour discrimination.Dans les faits, les "chibanis", surnommés alors "les indigènes du rail", ou "les déclassés de la SNCF" avaient droit aux postes les plus dévalorisés, les moins bien payés, avec à la clé, des retraites au rabais. Il existait ainsi une double catégorie d’ouvriers, alimentant les discriminations, les rancœurs les souffrances, les divisions et les humiliations.Dumping salarial avant l'heureAprès un marathon judiciaire d’un goût douteux, la SNCF avait été condamnée en septembre 2015, avant de faire appel. A l’époque, plus de 200 anciens salariés de la SNCF, le visage marqué par le temps et par l’usure, étaient venus au Palais de justice. Au nom de leurs collègues de travail, plusieurs d’entre eux avaient expliqué qu’ils travaillaient "comme des moutons" et qu’ils avaient "baissé la tête" car pour la plupart, ils avaient "une famille sur le dos" et qu’ils n’avaient pas le choix. D’une certaine manière, ils avaient testé à leurs frais la logique du dumping salarial qui balaie aujourd’hui le monde.Clélie de Lesquen-Jonas, l'avocate des salariés, avait alors lancé : "Lorsqu'ils sont arrivés, ils n'avaient pas les cheveux gris, ils étaient jeunes", avant d’ajouter : "C'est 40 ans de discrimination qui sont posés devant vous". Quant à l'avocat général, il avait eu cette formule nuancée mais définitive : "D'une manière générale, la discrimination pourra être retenue".Dans ces conditions, il est accablant que la SNCF, tout service public soit-elle, ait persisté, en faisant appel, à chercher des poux dans la tonsure blanchie de ces hommes qui veulent retrouver leur dignité perdue via une réhabilitation morale. Par cette décision, la compagnie ferroviaire n’avait fait que rajouter le déshonneur à l’humiliation. La voilà désormais définitivement condamnée, et ce n’est que (tardive) justice.
 
Paru dan MARIANE par Jack DION

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