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MONTPELLIER MÉTROPOLE ÉCOLOGIE

Jean Claude BIAU Actions sociales & écologistes MONTPELLIER MÉTROPOLE MEDITERRANEE & OCCITANIE

MONTPELLIER MÉTROPOLE ÉCOLOGIE

Montpellier Capitale Métropole - Région : Retrouver de la cohérence, supprimons les départements

En 2017, va-t-on enfin s’attaquer au mille-feuille administratif ?

« Il faut construire des régions autour d’une ville à vocation métropolitaine. »

Nous ne nous intéresserons ici qu’aux élus régionaux et départementaux, les députés étant déjà tellement atteints que l’on n’insistera pas, malgré le menuet des mignons des primaires de droite et de gauche. Les autres ne sont pas visés par des élections immédiates, mais leur sort à terme dépend bien (et heureusement) de l’action qu’ils auront su ou pu mener dans le cadre de la loi NOTRe.
Or, un des objectifs de la loi est bien d’être attractif, donc compétitif. Comment l’être : situation internationale inquiétante, crise économique et sociale pressante, chômage insupportable. Si rien ne change, il reviendra à la nouvelle majorité, s’il y en a une, d’en tirer les conséquences.

Cumul des mandats : la fronde monte

Sans parler de la déculottée annoncée aux législatives, les élus s’agitent : la fronde monte déjà chez plus de cent élus de tout bord contre la fin du cumul des mandats. Solidarité oblige. Il ne s’agit pas ici de se substituer aux éminents politologues et sondeurs qui ne vont pas manquer de s’exprimer sur cette année, comme ils l’ont fait pour Trump et Fillon. Les pronostics fleurissent avec moult précautions de langage pour la primaire dite de gauche. En quoi ces changements nationaux sont-ils susceptibles de nous interroger ici, nous les Occitaniens, nous qui nous intéressons à la vie économique et sociale des habitants de la région ?
La genèse de la mise en place de l’Occitanie, le regroupement initialement choisi était et sera contesté, pour des raisons aujourd’hui connues : elles sont dans le comité très restreint et éléphantesque à l’Élysée autour du stratège en chef, qui a finement sondé la réalité électorale locale.
Tournons-nous vers 2017. Yves d’Amécourt, porte-parole national de François Fillon, délégué aux territoires, déclare le 12 décembre 2016 : « Parmi les nouvelles régions, certaines sont équilibrées, nous les conserverons, certaines sont notoirement trop vastes… Il faudra revoir le redécoupage des plus grandes régions, et cela concerne notamment la Nouvelle Aquitaine, l’Auvergne-Rhône-Alpes et l’Occitanie. » Nous sommes dans le viseur, et il faudra faire les preuves que cette région fonctionne bien. Certes, il y a des aspects très positifs, mais Carole Delga les claironne tellement que cela ne nous laisse que l’essentiel, comme au temps du bon Georges Frêche.

L’Occitanie est la plus mauvaise élève

Actuellement, l’Occitanie est la plus mauvaise élève de la classe : les querelles de coqs durent, le nom ne passe pas, les disputes autour des compétences sont nombreuses. La politique des deux Métropoles, en apparence synergique, est à terme concurrente. On ne voit pas que l’organisation du territoire (ruptures spatiales et sociales, infrastructures, équipement informatique) est à la hauteur des ambitions claironnées et répétées. C’est en termes d’accroissement de l’attractivité que l’action politique sera évaluée. Et là, on est mal parti : où est l’innovation réelle ? Celle qui invente réellement en rupture avec l’existant, celle qui crée des emplois ? Bilan réel création/suppression d’emplois, rien de nouveau sous le soleil… ?
Si cette révision ne vise qu’à revoir le découpage à la marge pour les territoires en position excentrée par rapport aux nouveaux centres de décision, c’est prévu et peu important. Le droit d’option pour les départements prévu par la loi NOTRe le permet déjà. Le Gard, les P.-O. et le Cantal pourraient être concernés.
En revanche, dans la perspective du retour aux propositions du Comité Balladur de 1999, les anciennes régions pourraient, comme le phénix, renaître de leurs cendres sous une autre forme, en soufflant sur d’autres braises. Peu de réactions à Toulouse, contrairement à Saurel qui s’en dit déjà satisfait, tout comme les « historiques » locaux recalés et déjà oubliés.
Une autre question importante est posée par d’Amécourt : « Où sont les Métropoles ? Car une région s’organise à partir d’elles. » Il y aurait là une véritable révolution copernicienne. On partirait des Métropoles (13 plus 4 récemment pour la France entière) pour délimiter les nouvelles régions, qui deviendraient alors les zones d’attraction des grandes villes, ce que l’on appelait jadis les régions polarisées. Cette approche était celle de la DATAR. Si les Métropoles entrent en concurrence, « ce n’est ni bénéfique pour le territoire, ni cohérent ». Là où il y a plusieurs Métropoles, il faut fractionner. « Il faut construire des régions autour d’une ville à vocation métropolitaine. » Nous en avons deux ici, mais trois ailleurs…

Passer de 6 000 à 3 000 élus

On va plus loin dans des pratiques politiques pourtant canoniques. Va-t-on enfin sortir de ce Moyen Âge tardif et bonapartiste qui ne tient que par des vassalités locales ? Alors, fin des départements et promotion des Métropoles prévues dès 2009 par Balladur ? Ce projet porte une autre ambition : fusionner les Départements et les régions afin de réduire le nombre d’échelons administratifs. Tiens, revoilà le mille-feuille administratif, qui nous vaut l’admiration du monde entier (plus de 36 000 communes). Vent debout des élus cacochymes : que fait-on de la proximité souvent liée au clientélisme ? On peut – et on doit – réduire le nombre des élus et leur durée de vie politique. Balladur souhaitait la création d’un statut de conseiller territorial unique (2010 puis abrogé par François Hollande). On pourrait passer de 6 000 à 3 000 élus, réduire l’importance de la fonction publique territoriale. Énorme…
L’Occitanie est particulièrement visée car, sans cette association L.-R.-M.-P., nous aurions d’autres majorités. La faculté manœuvrière de Hollande a sans doute jeté là ses derniers feux. Cette majorité régionale faite de bric et de broc est fragile : ego personnels, ambiguïté du PRG, monopole sur la PQR. Aura-t-elle fait la preuve de son efficacité, aura-t-elle réfléchi au célèbre aphorisme entre conquête et exercice du pouvoir ? Ou alors, retour au statu quo ante ? Serons-nous encore en 2017 occitano-pyrénéo-méditerranéens ? « Quizás, quizás, quizás », nous ont chanté Los Machucambos.

Georges Roques http://www.lagglorieuse.info/index.html

http://www.lagglorieuse.info/article_en-2017-va-t-on-enfin-s-attaquer-au-mille-feuille-administratif.html

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