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MONTPELLIER MÉTROPOLE ÉCOLOGIE

Jean Claude BIAU Actions sociales & écologistes MONTPELLIER MÉTROPOLE MEDITERRANEE & OCCITANIE

MONTPELLIER MÉTROPOLE ÉCOLOGIE

Le Mazarin toulousain, strausskahnien, aubriste, cambadéliste...

Le Mazarin toulousain, strausskahnien, aubriste, cambadéliste...

L'AGGLORIEUSE DU MERCREDI 7 OCTOBRE

Christophe Borgel, Mazarin toulousain

Portrait de l’un des hommes clés du PS pour la nouvelle grande Région

Mitterrand la prendra à l’Élysée comme chargée de mission pour les problèmes de jeunesse. Elle cumule aujourd’hui un poste de députée européenne, de conseillère régionale et de conseillère municipale à Saint-Malo. La jeune révoltée est devenue une professionnelle de la politique, bien sage et bien installée. Tout naturellement, Christophe Borgel suit une voie parallèle, profitant de son amitié avec Jean-Christophe Cambadélis et de sa participation active au réseau de Gaston Dominique Strauss-Kahn. Sa biographie sur Internet prétend qu’il a été conseiller technique des ministres Claude Allègre, le « dégraisseur de mammouth », et de Jack Lang. On veut bien le croire mais, en ce qui concerne le cabinet Allègre, on ne trouve pas sa trace dans l’arrêté du 21 juillet 1997 (où figure en revanche Max Lévita, premier adjoint à Montpellier et sur le pont depuis près de quarante ans) portant nomination des conseillers du ministre, ni sur l’arrêté du 13 mars 1998 du JO qui en modifie la composition. Peut-être était-il un conseiller occulte, qui sait ? Lui seul pourrait avoir la bonté d’éclairer notre lanterne. Par contre, il figure bien sur l’arrêté du 5 avril 2000 portant nomination de Jack Lang comme ministre de l’Éducation nationale. Avec une particularité néanmoins : il est le seul parmi les cinq conseillers techniques à ne pas être affublé d’une compétence ou d’un titre. Bizarre… Lorsque, à la suite de la déroute de Lionel Jospin, les membres des cabinets ouvrent leurs parachutes ventraux pour se recaser dans des emplois réservés, on nomme sans autre forme de procès notre Christophe Borgel inspecteur d’académie de Paris, fin avril 2002. Cette sinécure « honore » la République. Il s’agit d’une meute de quidams dont l’essentiel de l’activité consiste à percevoir une indemnité mensuelle dès leur prise d’« inactivité ». Un tiers d’entre eux n’avaient même pas de bureau pour travailler, les pauvres ! Bref, un fromage dont profitent les petits copains du parti au pouvoir, à gauche comme à droite, chacun leur tour. On ne fait ici que reprendre les conclusions de ces observateurs lucides que sont les magistrats de la Cour des comptes. Résultat des courses : notre ami Christophe Borgel n’a cessé ses fonctions harassantes qu’en novembre 2011, un décret mettant fin à ses fonctions virtuelles, qui, selon nos scrupuleux magistrats, s’apparentaient à une sinécure.
Cette activité permettait néanmoins à ces heureux privilégiés de « percevoir des revenus supplémentaires » (4 500 €) tout en consacrant une part « largement dominante de leur temps à des occupations d’ordre privé ou politique », toujours selon ces croque-mitaines de la Cour des comptes.
Un suractif
Mais notre Christophe est un travailleur boulimique. Cette fonction au salaire « misérable » lui laissant vraisemblablement du temps libre, il s’est fait embaucher comme consultant pendant deux ans par la société Maât qui, pour obtenir des marchés auprès des mairies, recrutait de préférence les copains implantés dans les réseaux des partis. Tout comme Razzy Hammadi, alors dirigeant des Jeunesses socialistes, aujourd’hui honorable député de Seine-Saint-Denis ; Christophe Borgel fut embauché en 2008 pour servir de « portier » auprès des municipalités et collectivités socialistes. Il aurait reçu 57 000 € pour bons et loyaux services sur une période de deux ans. Au passage, notez qu’une telle activité était légalement incompatible avec son statut de fonctionnaire (inspecteur d’académie). Mais ce ne sont là que broutilles pour un élu du peuple.
Autre curiosité : sur le portail de l’Assemblée nationale, au chapitre « Biographie », il est mentionné qu’il est « Industriel-Chef d’entreprise ». Une qualité qui fait de vous un homme entreprenant. Dans sa déclaration d’intérêts de député en date du 25 janvier 2014, il décline par contre la profession bien vague mais à la mode de « consultant », qui ne mange pas de pain blanc, serait-on tenté d’ajouter.
Aux chapitres suivants, il déclare avoir été « inspecteur de l’académie de Paris chargé d’une mission d’inspection générale » au salaire de 4 350 € net par mois et, simultanément, responsable de « Territoires Formation et Conseils » mais sans aucune rétribution. Ce qui tendrait à prouver qu’il avait créé une entreprise pour le « fun ». Au même moment, il déclare avoir appartenu à la SAERP (Société d’aménagement et d’équipement de la Région parisienne-SPL de la Région Ile-de-France), avec une rémunération de 1 412 € net mensuels.
À titre politique, il perçoit, de mars 2008 à juin 2012, 1 140 € net mensuels en tant que premier adjoint au maire de Villepinte, plus 2 039,99 € en tant que conseiller régional d’Ile-de-France. Une petite addition suffit à constater que notre homme aux multiples casquettes ne perçoit que 8 941 €. Ce qui, somme toute, est bien modeste pour un tel échantillonnage d’activités diverses. Le miracle, c’est qu’il ait pu les assumer de front. Tout un chacun est libre de penser que multiplier les activités permet à certains de se consacrer beaucoup moins sérieusement à chacune d’entre elles. Et les politiques sont les plus brillants pour la pratique de cette formule mathématique selon laquelle le cumul est le meilleur moyen de réduire son travail tout en multipliant ses revenus.
Mais bon… Passons aux péripéties de ses autres emplois d’élu politique. Notre boulimique ami a été adjoint au maire du XIXe arrondissement de Paris après les élections de 1995, puis il s’est transporté en 2008 à Villepinte (Seine-Saint-Denis) dans l’espoir d’être maire. Devancé par la candidate communiste, il s’est contenté du poste de premier adjoint, ce qui est honorable. En bon cumulard, il est de surcroît élu conseiller régional d’Ile-de-France en 2010.
Le député surprise
Au titre de délégué aux élections du PS, notre bon Christophe fut appelé au printemps 2012 pour régler le crêpage de chignons qui opposait les camarades Nadia Pellefigue, une ancienne activiste lycéenne devenue attachée parlementaire, et Anne Crayssac, toutes deux candidates dans la 9e circonscription de la Haute-Garonne, en principe réservée aux femmes. Que pensez-vous qu’il arriva ? C’est Christophe Borgel qui, sans changer de sexe, ce qui est méritoire, a été finalement candidat et élu, porté par la miraculeuse vague rose. Mais, nostalgique de la banlieue parisienne, il a tenu à conserver son mandat de conseiller régional d’Ile-de-France et les indemnités y afférentes jusqu’en avril 2013. En bonne logique, il aurait dû démissionner en juin 2012, date à laquelle il est devenu député de la Haute-Garonne. Dix mois supplémentaires à 2 661 €, cela fait un petit pécule supplémentaire de 26 610 € dans la cassette familiale. Le brave homme ! Par pitié, n’allez pas encore l’accuser de ne pas savoir compter !
Petit détail supplémentaire : sitôt élu député, notre Christophe a dû penser que ce petit emploi allait lui laisser suffisamment de loisirs pour s’inventer un petit boulot annexe. Selon les persifleurs de Rue 89, il crée alors Territoires Formation et Conseil (TFC), une société de « conseil pour les affaires et autres conseils de gestion » domiciliée à Pantin, dans une petite villa jouxtant des HLM, loin de son point de parachutage toulousain.
Décidément, tout fait ventre, et Christophe est insatiable. On en arrive à se demander cependant quelles sont les raisons profondes de cette avidité. Quels manques notre député veut-il combler avec cette boulimie de revenus ?
Christophe Borgel a un cœur gros comme ça. C’est lui qui a lancé, lorsqu’il était aux commandes de l’UNEF-ID, une association pour le bénévolat étudiant, l’AFEV (Association de la fondation étudiante pour la ville). Serrez vos sous-ventrières pour ne pas exploser de rire. Il récidive dans cette propension à la générosité partageuse car, au titre de député, il a eu le culot d’être « rapporteur au fond des projets de loi sur le non-cumul des mandats ». Là encore, il prêche la vertu mais évite de l’appliquer, tant il collectionne de casquettes qui en font un cumulard chevronné courant après les indemnités et les salaires. Étrange élu socialiste qui prêche l’exercice de la solidarité désintéressée et qui oublie d’être le premier à l’appliquer à sa personne. C’est avec des élus de cette trempe que le Parti socialiste se transforme, hélas, au fil des jours en véritable radeau de la Méduse.
Il est temps que les militants sincères procèdent à une véritable révolution interne et s’appliquent à distinguer le bon grain de l’ivraie, sinon l’avenir du socialisme est compromis. Ce qui serait dommage pour la démocratie et pour un parti qui a eu une part essentielle dans l’émergence de ce qu’il y a de meilleur dans notre République. Lorsque les représentants du peuple sont mus plus par leur égoïsme personnel que par la multiplication des solidarités qu’ils devraient incarner, la démocratie est malade. Car elle sacrifie à l’esprit de lucre et la faim de pouvoir de quelques-uns les exigences de la solidarité pour tous.

Donato Pelayo

L’amour des titres

Christophe Borgel a un faible pour les titres ronflants : en atteste un simple petit fait pour le moins curieux. Notre brave homme a été conseiller régional d’Ile-de-France. Il figure dans le trombinoscope des 208 conseillères et conseillers régionaux d’Ile-de-France, dans la version mise à jour en novembre 2011. Notre Christophe, qui faisait partie des 61 membres du groupe socialiste et apparentés, y figure avec le double titre de premier adjoint au maire de Villepinte (93), ce qui est conforme à la réalité, et, plus surprenant, d’inspecteur général de l’Éducation nationale. Alors qu’il venait d’être déchu de son titre et de sa fonction d’inspecteur d’académie. Pour se consoler, il s’est bombardé sans autre forme de procès « inspecteur général ». Saluons son culot… Vous lui bottez le derrière pour qu’il sorte par la porte affublé de culottes courtes et il réapparaît par la fenêtre portant des pantalons longs.

Tintin dans les réseaux

Christophe Borgel faisait partie de la bande à Christophe Cambadélis, ce qui n’est pas glorieux si l’on songe que l’actuel secrétaire du PS a été condamné à deux reprises à de la prison avec sursis (six et cinq mois) pour emploi fictif et emploi de complaisance. Il faisait aussi partie du réseau de Gaston Dominique Strauss-Kahn, dont il ne pouvait soupçonner que ses poussées incontrôlées de testostérone l’éloigneraient à jamais de la magistrature suprême pour cause de priapisme et de triolisme maladifs. Strauss-Kahn, devenu un gibier de faits-divers, Christophe Borgel a ensuite sucé la roue de Martine Aubry, alors secrétaire du Parti socialiste. Puis, il a rallié la nouvelle majorité groupée autour de François Hollande. Il est chargé de la tambouille se rapportant à la gestion des circonscriptions. Un rôle qui, sous le règne de Mitterrand, était dévolu à Roger Fajardie, bras droit de Pierre Mauroy, qui savait agir avec plus de doigté. Bien que franc-maçon notoire, Roger Fajardie, que j’ai bien connu, rêvait de devenir ambassadeur auprès du Saint-Siège pour faire épanouir son onctuosité et son embonpoint, qui, joints à sa bonhomie naturelle, le faisaient ressembler à certains moines qui ornent les boîtes de camembert.
Après avoir veillé à la distribution équitable des rations de campagne, Christophe Borgel a eu au passage la sagesse de se réserver une bonne potée. Pour prouver qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Bravo, l’artiste !

Cuche

mercredi 07 octobre 2015

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